Welcome to the cruel world

Voici, livrés en vrac, des articles, dépêches, billets...Selon votre curiosité.
Mardi 28 novembre 2006 2 28 11 2006 00:09
    A la périphérie des discours convenus sur l’issue de l’élection présidentielle, quelques embryons de réflexions marginales tentent de se frayer un chemin. Comme des piétons égarés sue le bord d’une autoroute à quatre voies, leurs chances de survie sont extrêmement minces. Ils voient se ruer sur eux des foules de bien-pensants qui les écrasent sur leur passage, imperturbables. Foules bien-pensantes, peuple saoulé par le flot de paroles que leurs tribuns déversent sur eux inlassablement, continuellement. Peuple dressé à ne pas dévier du droit chemin qui leur est rigoureusement indiqué. C’est dans cet espace clos que se « joue » le faux-semblant de débat public, prélude à l’expression du souverain suffrage universel.
Vous êtes invité à ne pas trop penser par vous-même, au risque de vous attirer l’opprobre et les regards moqueurs de vos semblables. La classe politique traditionnelle se charge du bien commun, confiez lui votre voix. En ces temps de démocratie médiatique et de regain populiste, les grands vous font miroiter le meilleur ( ou le pire ). Quelles que soient leurs idées, si tant est qu’ils en soutiennent certaines durablement sans retourner leur veste au moindre courant d’air, les dés sont jetés, d’ores et déjà. D’ailleurs, ce ne sont plus leurs idées qui tiennent lieu de campagne, mais ce sont les scénarios catastrophes qu’ils brandissent, telle la menace du jugement dernier. Le fléau suprême risquerait de s’abattre sur nous si notre confiance osait faire défaut à ceux qui s’en autoproclament les honorables détenteurs.
Le 21 avril (bis). Spectre ultime d’une fin certaine. Abominable chaos qui guette notre ombre, prêt à bondir. L’Apocalypse par les urnes. Et tandis que nous craignons leurs prophéties, c’est leur pouvoir qu’ils assurent. Tandis que la culpabilité nous ronge de l’intérieur, c’est leur victoire prochaine qu’ils savourent déjà. Jolie tour de carte, abominable ruse, malice malsaine qui consiste à ériger sa gloire en se débarrassant de ses responsabilités. Voici que nous devenons coupables de l’avènement de l’horrible par notre défection des grands partis, notre méfiance à l’égard du pouvoir.
Dans cet univers facticement unanime, la vox populi est sommée d’être « utile ». Les convictions s’effacent, l’exigence de démocratie laisse sa place à la politique du « moindre mal ». La résignation est en passe de devenir le nouveau militantisme du siècle. Convictions, croyances, exigences, représentation… Le vase sonne effroyablement creu.
Par Julia - Publié dans : la vie du blog
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 11 2006 16:17
Stéphane Lavignotte, 36 ans, a été journaliste pendant dix ans et activiste dévoué chez les Verts jusqu’en 2001. Membre de la Mission Populaire Evangélique de France, il est depuis juillet pasteur dans un centre protestant d’entraide et de solidarité.

    Il est de ces parcours atypiques qui attirent notre attention. De ces gens qui ont emprunté divers chemins de vie, n’hésitant pas à changer de cap lorsqu’une raison d’être les appelait ailleurs. Stéphane Lavignotte fait partie de ces chercheurs de sens infatigables. À 36 ans, il est pasteur à la Maison verte, un centre protestant d’action sociale du XVIIIe arrondissement de Paris. Si l’on s’attarde sur son parcours, on pourrait le croire en proie à une schizophrènie. Il n’en est rien. Stéphane a fouillé chacune de ses passions. À travers son engagement politique, intellectuel et religieux, il a mené une réflexion sincère sur l’existence sans jamais prendre racine dans un dogme particulier. Journaliste, militant vert ou prédicateur de l’Evangile, il reste un empêcheur de tourner en rond, « un bosseur fou qui veut faire bouger les lignes de force, un militant dans l’âme », telle que le décrit sa femme, Véronique Dubarry.

 « C’était la conscience verte de la promo »
Stéphane Lavignotte a évolué dans un environnement familial qui a façonné sa personnalité. Sa mère est lorraine, de parents catholiques, « cégétistes assez raides ». Ses grands-parents paternels vivent à Orthez, dans le Béarn. Ils défendent l’Occitanie et ont une franche sympathie pour la SFIO. Ils se sont éloignés du protestantisme après la seconde guerre mondiale. Stéphane est né à Metz en 1970. Il grandit à Poitiers. Sa mère est institutrice, son père technicien aux PTT. Il ne reçoit pas d’éducation religieuse, mais est initié très tôt au militantisme. À 14 ans, il accompagne ses parents à Paris pour une manifestation contre le déploiement des missiles Pershing et SS20. La même année, il est à un rassemblement de SOS Racisme. En 1986, il est parmi les agitateurs qui luttent contre le projet Devaquet. Il avoue aimer « mettre le bazar » et appelle ses amis des « compagnons de bêtises ».
Précoce à beaucoup d’égards, il crée un fanzine dans son lycée et un journal mural qui a les allures « d’un brûlot à la Charlie Hebdo ». Dans une radio de quartier, il prêche les valeurs de la révolte. La passion né pour ne jamais s’éteindre.
Stéphane est admis à Sciences Po Bordeaux. Il y côtoie « des sociologues de la veine bourdieusienne radicale ». L’écologisme naissant fait écho à sa quête d’action. Il adhère aux Verts en 1989. Il y sera plus tard secrétaire national du mouvement des jeunes et secrétaire de la section de Paris. C’est au parti qu’il rencontre sa femme, aujourd’hui élue de Paris. Stéphane, lui, refusera de se présenter : « cela signifie trop de compromis et de mise en avant ».
En 1990, il entre au Centre de Formation des Journalistes (CFJ) à Paris. Il est déçu par la sagesse des élèves, à l’exception de quelques francs amis auprès desquels Stéphane cultive son goût pour la « bande » et le « leadership ». « C’était la conscience verte de la promo », se rappelle Pascal Kremer, journaliste au Monde. « À l’école, il s’est toujours démarqué par sa fraîcheur et ses idéaux », analyse Vladimir Vasak, un ami à lui, grand reporter à Arte. Lorsque le CFJ envoie sa classe couvrir les J.O. d’Albertville pour le Comité International Olympique, il refuse de se prêter à l’exercice de communication. Regis Faure, ami de longue date et directeur général de l’hebdomadaire du Finistère, voit en lui « un militant humaniste très ouvert ».
« Ce qui m’a plu dans le journalisme, c’est de rencontrer les gens, de les écouter et de faire comprendre leurs contradictions », explique-t-il. Il va exercer le métier pendant 10 ans : à Radio France et France Inter, dans le journal du Ministère de la Ville, à celui des jeunes de la CFDT… Puis il présente des émissions sur la cinquième et travaille à France 3. La frustration le gagne. Il souffre des formats étriqués qu’on lui impose. Chez les Verts, les querelles internes le fatiguent: « Je perdais une énergie folle. J’ai quitté les Verts en 2001 lorsqu’ils ont participé au gouvernement Jospin ».

« Je trouve une nourriture incroyable dans la Bible »
L’entrée de la religion dans sa vie est difficile à dater. En 1998, papa depuis un an, son soutien à un collectif de sans papiers va le conduire jusqu’au Temple de Batignolles, alors occupé. C’est la première fois qu’il entre dans un lieu de culte protestant. Il se rend à l’office du dimanche et assiste à une prédication durant laquelle le pasteur parle du Testament comme d’ « une parole qui bouscule les certitudes et qui fait événement ». Stéphane est interpellé. Il va écrire pour Réforme et Témoignage chrétien. Il étudie la théologie et s’engage dans la vie paroissiale. Il est baptisé en 2000. « Je trouve une nourriture personnelle et intellectuelle incroyable dans la Bible », déclare-t-il. Surtout, il a la sensation de pouvoir venir en aide aux gens et il savoure la beauté de la « rencontre sans objectif ». Il touche du doigt l’engagement qu’il a tant poursuivi. Les amis qu’il a gardé du CFJ voient dans son parcours une linéarité : « Il ne s’est pas rangé », estime Stéphane Renotte, rédacteur en chef de l’agence Dioranews, « son parcours s’inscrit dans une quête de sens continue ».
Au sein de la mission populaire évangélique de France (MPEF) où il travaille depuis juillet 2006, il va au secours des exclus en les aidant à se « remettre debout », par la mobilisation, la discussion et l’accompagnement. Ce matin, il défendait un papa malien menacé d’expulsion. Stéphane reste « les mains dans le cambouis ». En tant que pasteur, il retrouve un rôle de meneur et un pouvoir d’initiative. Pourtant, il confesse : « je n’envisage pas forcément de rester pasteur toute ma vie ».
Sans doute sent-il déjà qu’il peut être appelé ailleurs. Si son activité journalistique consiste à présenter sur France 2 l’émission bimensuelle Présence Protestante, il renouvelle toujours sa carte de presse. Et s’il exprime un regret, c’est bien celui de ne pas être allé au bout de ce métier. Alors, peut-être qu’un jour, il y reviendra, décidé cette fois à en découdre.


Quelques dates :

1970 : Naissance à Metz
1989 : Adhésion au parti Verts
1992 : Diplômé du Centre de Formation des Journalistes
1998 : Entre pour la première fois dans un temple protestant
2001 : Quitte les Verts
2006 : Devient Pasteur à la Maison Verte

Interview :

Comment expliquez-vous votre croyance ?
J’ai trouvé une nourriture personnelle et intellectuelle incroyable dans l’étude de la Bible. Il y a des moments de prière ou de contemplation où j’ai l’impression d’être dans une relation. Quelque chose d’une incroyable profondeur  me touche. Je ne pourrais pas définir ce qu’est Dieu. Je pourrais par contre dire ce qu’il n’est pas et le définir par une relation. C’est Dieu qui m’aiguillonne dans mes chemins. Il nous invite à toujours sortir de nos certitudes. J’ai été frappé par l’idée que le Royaume peut subvenir à n’importe quel moment. Ça m’a poussé à me demander : « Qu’est ce que tu as fait de ta vie ? », « Est-ce que ça a servi ? ». Et puis ma fille est née en 1997 et je me suis demandé : « Qu’est ce que je transmets ? »
Est-ce que votre environnement familial a influé sur votre parcours spirituel ?
Je n’ai reçu aucune éducation religieuse. Mais mes parents fréquentaient un milieu plutôt catholique de gauche. Je me souviens notamment d’un prêtre qui aidait beaucoup les étrangers. Mes grands-parents paternels avaient abandonné le protestantisme après la seconde guerre mondiale. Mais ils recevaient toutes les publications de la CIMADE ainsi qu’un journal protestant régional. Un jour, j’ai demandé à ma grand-mère ce que croire signifiait. Elle m’a répondu : « Il y a des gens qui croient en Lénine, en Mao…Moi je crois en Jésus ».
Aujourd’hui, je réalise que le protestantisme m’a beaucoup rapproché de mes grands-parents maternels, en même temps qu’il m’a permis de construire ma propre manière de voir les choses. J’ai repris contact avec ma famille de Lorraine qui vient d’un milieu populaire alors que je m’en été éloigné. Je suis redevenu fier d’eux. Ça m’a fait beaucoup de bien parce que je culpabilisais de les avoir abandonné alors que ces gens m’adorent. J’ai réintégré l’héritage spirituel de cette partie-là de ma famille.
Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?
Je voudrais être moins absorbé par le fonctionnement quotidien de la Maison Verte. Je voudrais alors reprendre contact avec tous ceux de la communauté protestante du quartier. J’ai réellement envie de retisser des liens. Aujourd’hui, le culte ne réunit que 2 à 9 personnes. Je suis arrivé à la Maison Verte à la suite d’un conflit au sein de sa direction. Certaines personnes se sont donc éloignées. Notamment des gens qui faisaient beaucoup  en matière d’accueil des gays et lesbiens au sein de l’Eglise.
Comment définiriez-vous l’activité principale de la Maison Verte ?
J’appellerais ça « remettre debout ». Ça renvoie à l’image de la résurrection. On aide les gens à se remettre debout par du travail social. On aide à la constitution de dossiers RMI, on enseigne le Français, on organise des discussions sur les parcours de vie, les histoires de famille. On aide à l’appréhension des conflits non réglés à travers l’accompagnement et le dialogue. Il s’agit de montrer aux gens que leurs impasses ne sont que temporaires. Quelque part, c’est annoncer la Bonne Nouvelle.
Par Julia - Publié dans : la vie du blog
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 11 2006 15:51
……. Hors de question, n’y pensez même pas… L’autoportrait… Quelle blague ! Si encore j’avais un fusain, deux trois pinceaux et une toile…Mais vous n’y êtes pas…On ne se laisse pas piéger aussi facilement. Se décrire ? Mais qui serait assez fou pour s’exposer nu au regard de l’autre ? L’entreprise suicidaire par excellence. On se dévoile et bam ! On est fiché, catalogué, repéré, répertorié, moqué, méprisé, éloigné. Et dire qu’à l’avenir les embauches se baseront sur l’examen de ce genre de délire narcissique. Certes, Simone de Beauvoir l’a réussi… Mais en combien de tomes ?! Non, j’ai trop de (fausse) modestie pour me laisser piéger, et trop de prétention pour vouloir me résumer. Comment devrais-je attaquer le problème : mon « histoire » ? Laquelle ? Ma famille, mes amis, mes amours, mes études ? Pas assez pertinent, pas assez parlant. Mon compte en banque, mon frigo, mon gel douche, mes phobies, ma névrose, mes complexes ? Trop dangereux. Allez, arrêtons ce jeu de vilains. Je ne lâcherai rien. La mégalomanie me guette. Je resterai prudente. D’accord, je vais vous mettre en appétit. Il manque une phalange à l’un de mes doigts de pied. Véridique. Curieux ? Venez boire un café à la maison, on en parlera.
Par Julia - Publié dans : la vie du blog
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